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Introduction du président, Gérard FOSSAT en ouverture du congrès

“Les constellations Systémiques en France: Enjeux et devenir d’une approche aux multiples facettes”

 

200 personnes, majoritairement praticiens et professionnels du champ psy se sont déplacés pour ce 1er congrès de la Fédération des Praticiens en Constellations Systémiques à Paris ces 10 et 11 décembre .

L’approche systémique est plus que jamais en mouvance, en développement et en son utilisation s’étend à de nouveaux domaines comme le travail en organisation et en entreprise ce qui explique le choix du sigle, la pratique ne se cantonnant désormais plus aux constellations familiales.

Quels sont les enjeux?

Notre société génère beaucoup d’isolement et de stress et conséquemment une importante demande de soutien psychologique.

La France est une des premières nations consommatrices de médicaments psychotropes par tête ce qui montre combien cette demande a été largement captive du lobby médical et pharmaceutique jusqu’à présent.

Mais il y a aussi de nos jours une prise de conscience générale qu’on doit identifier et prendre en charge notre souffrance psychique, qu’elle soit légère ou profonde, qu’on peut demander de l’aide ponctuelle ou suivie, même pour des problèmes apparemment très anodins.

Les domaines de l’aide psychologique et de la psychothérapie sont en passe, comme dans d’autres pays, de devenir des services courants pour le particulier

La loi

C’est en partie à cause de ce changement de comportement du public, que la France a durci sa législation en ce domaine avec la loi de 2001 sur la manipulation mentale (jusqu’à 5 ans de prison ferme, ce qui est la peine la plus élevée en Europe) et la loi de cette année sur la psychothérapie.

En fait tout ce qui se rapporte à la psychothérapie mais aussi au conseil, au coaching individuel et surtout en entreprise a fait récemment l’objet d’une attention toute particulière de la part du Ministère de la Santé et du Ministère de l’Intérieur.

Vous savez que des décrets vont sortir sous peu qui réglementeront la profession.

Nous aurons donc l’occasion de revenir au cours de ce congrès sur la vigilance qui est nécessaire dans l’exercice de notre pratique quotidienne et sur les précautions à prendre en matière déontologique.

 

Les Constellations Systémiques

Les Constellations Systémiques proposent un modèle d’intervention en grande partie de type visuel par l’intermédiaire de la représentation de personnes. Ce modèle, dans sa forme actuelle, a certainement un impact puissant sur le sujet et semble donner des résultats intéressants dans la durée, que ce soit en pratique psychothérapeutique ou dans le domaine du développement personnel .

C’est peut-être pourquoi la méthode est en développement rapide en France de la même façon qu’elle a connu un développement fulgurant en Allemagne dès les années 96-97. Aujourd’hui il y a 2000 praticiens en Allemagne dont 200 agréés par l’IAG

Vous savez qu’un organisme qui grandit très vite et très fort a besoin de plus de nutriments et d’attention car il flirte souvent avec sa capacité maximum et avec l’accident possible.

C’est sans doute pour accompagner ce développement fulgurant que le petit groupe d’intervenants que nous sommes a décidé d’organiser ce premier congrès qui nous réunit aujourd’hui.

Compétence, Etude, Partage

Ne nous le cachons pas. L’enjeu est clair: il s’agit de compétence. Il s’agit de pouvoir répondre à cette demande d’aide de la manière la plus professionnelle qui soit.

La méthode que nous employons est puissante mais aussi très subtile. Elle demande beaucoup de présence, de finesse d’observation et de qualités humaines parallèlement bien sûr aux connaissances et à l’expérience nécessaires.

Et pour développer toutes ces qualités, il faut aimer ce travail, avoir une certaine passion. Mais nous avons aussi besoin d’étude et de supervision réciproques. Nous avons besoin d’observer le travail de nos collègues et d’échanger nos expériences…. de nous documenter et de poursuivre notre formation continue.

C’est l’ état d’esprit qui a présidé à l’excellente organisation des congrès de Constellations Systémiques en Allemagne. Ces colloques d’échanges auxquels nous avons pris part depuis une dizaine d’années nous ont effectivement servi de modèle.

Ce modèle de rencontre, basé sur la convivialité, le partage et l’ouverture, nous essayons aujourd’hui de le promouvoir en France.

C’est ce que je souhaite pour ce congrès “amour et une reconnaissance, une famille en mouvement” motto que nous pouvons évidemment appliquer à notre congrégation.

L’origine des Constellations Systémiques

Le deuxième point que j’aimerais aborder concerne l’origine des constellations

Beaucoup d’entre nous travaillent tous les jours avec les racines et les liens et je me suis demandé quelles sont précisément les racines des Constellations Systémiques, quel héritage elles contiennent… Quand et où ont-elles commencé? D’où sont-elles venues?

On sait que les constellations sont arrivées en France il y a moins de dix ans principalement par l’intermédiaire de psychothérapeutes qui s’étaient formés en Allemagne.

Bert Hellinger a été certainement le parent européen des constellations, mais y a-t il eu des grands parents voire des arrières grandparents?

J’ai retrouvé le compte rendu d’une intervention en psychothérapie remontant aux années 1960 et je vous laisserai deviner qui en est l’auteur.

C’est un extrait d’une séance de travail. Le thérapeute s’adresse au client:

Je serais très intéressée de voir comment chacun de vous vit cette famille. j’entends qu’il y a quelque chose qui se passe pour vous concernant cette famille et que ça nous aiderait de l’examiner;

 

Allez, Joe, faites une représentation de comment vous voyez les membres de votre famille en relation les uns avec les autres. Placez chaque personne comme vous les voyez en relation avec le reste.”

“Choisissez des gens parmi le groupe pour être votre mère, votre père, sœur , et un représentant pour vous même.”

“Maintenant placez vos parents de telle façon à montrer comment vous les voyez être l’un par rapport à l’autre. Ensuite placez votre représentant et celui de votre sœur dans l’image avec vos parents, en positionnant chacun de vous comme vous le ressentez dans votre famille”

(le thérapeute demandait ensuite à chaque membre ce qu’il ressentait personnellement et envers les autres)

le thérapeute demandait parfois au représentant du client de sortir afin de permettre à celui-ci de prendre sa place et de faire ainsi remonter plus de ressenti.

Alors pouvez-vous me dire qui est le thérapeute en question? Qui a une idée?

Oui, il s’agit bien de Virginia Satir…

Comme vous le savez sans doute, Virginia Satir n’était ni psychiatre ni psychanalyste mais assistante sociale psychiatrique puis figure célèbre du MRI de Palo Alto et ensuite directrice de l’institut Esalen de Big Sur en Californie lequel a développé une approche holistique en développement personnel

D’autres psychothérapeutes en Amérique du Nord avaient ouvert ce procédé dès les années 60 en utilisant la représentation dans un espace à l’aide de personnes:

La représentation familiale était de fait déjà présente chez les systémiciens de Palo Alto.

La technique de Constellations Systémiques a donc déjà 40 ans et elle est sans nul doute une fille du mouvement phénoménologique et systémique initié par Bateson et ses collaborateurs dès les années 50

 

PHI et PSY

J’ai cité” V. Satir comme grand-mère probable des Constellations Systémiques. Il est remarquable de constater qu’elle a sans doute été une des premières psychothérapeutes à élargir le champ de son travail à la dimension du coeur, de l’amour de soi, à identifier l’aspiration de chacun à une paix intérieure. Elle avait coutume de dire “j’aime voir ressortir mes patients avec des étoiles dans les yeux…”

Bert Hellinger, après son passage aux Etats-Unis où il a rencontré la méthode,   a largement contribué à la faire connaître et à la développer en Europe. Lui aussi a osé sortir du courant traditionnel de la psychothérapie et intégrer des dimensions philosophiques et existentielles dans son travail.

Il a su parler des qualités et des aspirations fondamentales du coeur et de l’être dans le contexte d’un travail psychothérapeutique.

La juxtaposition de ces différents niveaux constitue une des formes, et je dis bien une des formes que peut prendre ce travail, en soulevant parfois ici et là des controverses. Cela nous oblige encore une fois à une grande vigilance en tant qu’animateurs de constellations.

Nous sommes au pays de Descartes… et la psychothérapie est restée longtemps une affaire strictement médicale.

Mais heureusement il y a aussi en France des psychiatres pour soutenir cette autre conception de la psychothérapie, plus holistique.

Parmi eux, le prof Jean Guyotat, titulaire delà chaire de neuropsychiatrie LYON I s’interroge sur le concept hypermédicalisé de la dépression: Il nous dit la phrase suivante:

“On sait que l’image de la mélancolie illustrée par Dürer signifie la prise de conscience par un individu de niveau culturel exceptionnel, d’un destin fragile. C’est ce que j’appellerais volontiers le rôle philosophique de la dépression. Alors donner du Prozac, n’est-ce pas porter atteinte à cette réflexion de haut niveau qui est en train de s’élaborer?”

Il y a donc des voix au sommet même de la hiérarchie médicale, pour reconnaître que la psychothérapie ne peut échapper aux interrogations sur la fragilité de notre destin.

Histoire personnelle

Mon père aussi était médecin. Lui était contre les psy. De la masturbation intellectuelle, disait-il. Il était athée, très matérialiste. C’était un praticien de campagne issu d’une famille pauvre. Il était tuberculeux à 17 ans. A l’époque on en mourait souvent . Il a eu un destin difficile, il s’est relevé tout seul à force de travail opiniâtre. Puis il s’est fâché avec sa propre famille A la fin de sa vie, il avait tout le temps un revolver . Il était seul.

Lors d’une récente réunion de famille pour les 70 ans de ma mère, j’ai amené une plaque commémorative en l’ honneur de mon père. Mes frères ont été étonnés et un peu choqués car personne ne voulait vraiment parler de lui. J’ai déposé cette plaque sur la table, c’était un peu comme une bombe…

Un des petits-enfants, un gamin de 7 ans a demandé “De quoi il est mort grand-père?”

D’habitude comme dans beaucoup de familles on   disait de façon un peu gênée “il était malade, dépressif…”

Je lui ai répondu: “Il s’est suicidé avec son revolver”

Le petit garçon a demandé “Pourquoi il s’est suicidé?”

J’ai répondu “Il a écrit qu’il préférait mourir que de vivre sans sa femme qui venait de le quitter”

Le gamin, du haut de ses 7 ans s’est tourné vers son père, mon frère, et lui a dit:

“Moi, si ma femme me quitte, je ne vais pas me suicider”

On l’a tous regardé, un peu ébahis.

J’ai senti soudain que ce gamin était comme un thérapeute familial, qu’il disait à ses 3 oncles et à son père que ça s’arrêtait là, que ça ne se répéterait pas dans cette famille.

Il y avait une sorte d’ intelligence innocente et une force d’évidence et de bon sens qui émanait de cet enfant de 7 ans.

J’ai senti que tout le système familial bougeait. Je ne savais pas trop vers quoi, mais le soir, j’ai compris: on s’est tous retrouvés pour la première fois autour de la tombe de mon père. Il était réintégré dans la famille.

Une approche multiréférentielle…

C’est ce que nous découvrons dans ces constellations… l’enchaînement de destins parfois très lourds sur plusieurs générations, et les contextes sociaux et historiques dans lesquelles les familles évoluent. C’est rappelons le une autre exigence de notre profession, connaître les groupes sociaux, les ethnies, les peuples, leurs mouvements, leurs déboires, avoir une connaissance approfondie de l’histoire collective.

Alors cela commence à faire beaucoup de chapeaux à porter pour le praticien en constellation: psychothérapeute, philosophe, sociologue, historien…

On l’a donc compris, les facettes de cette approche sont multiples et multiples sont les façons d’aborder ce travail.

Il y a aussi de bien différentes façons de l’enseigner

Les Constellations Systémiques ont en effet une base très large quant aux techniques auxquelles elles se réfèrent:

Depuis une quinzaine d’années différents courants de recherches systémiques se sont développés dans les pays anglo-saxons et en Allemagne plus particulièrement.

De l’approche primale à l’analyse des scripts, de la PNL à la thérapie provocative, de l’hypnose Ericksonienne au constructivisme, pour ne citer que les plus connues, les Constellations Systémiques constituent pour le moins un espace d’expérimentation très fécond

Nous reconnaissons l’apport déterminant de tous ces fondateurs, de tous ces chercheurs et contributeurs. Tous ces courants se retrouvent dans les colloques organisés en Allemagne sur la base de l’observation et de l’échange en vue d’un enrichissement de tous et toutes.

D’ailleurs les interventions que vous allez découvrir au cours de ces deux journées seront sans doute très différentes les unes des autres dans leurs formes et leur déroulement.

Ces ateliers ne se limitent d’ailleurs pas aux constellations proprement dites puisque nous accueillons un praticien en psychodrame par exemple. Mais le lien est évident. L’approche en constellation est tout sauf un système fermé…

Développements et extension de l’approche: quel devenir?

Mais Aujourd’hui, et c’est aussi la réalité” de notre congrès, les constellations ne se limitent plus au champ de ses grand-parents , à savoir la psychothérapie. Cette approche systémique a envahi d’autres domaines.

– épanouissement personnel et conseil aux particuliers

– action sociale en institution

– coaching et   consultation en entreprise

– les différents métiers des travailleurs de la santé

– le domaine de l’éducation, la relation avec les parents d’élèves.

Les sphères d’intervention sont très variées et fascinantes par la richesse des idées et des pratiques.

J’ai eu en stage de formation un technicien d’une chambre d’agriculture qui s’occupe des problèmes de transmission des exploitations agricole… une intervenante en milieu carcéral qui propose l’écriture de contes aux détenus et qui voulait   élargir sa pratique etc…

Les Constellations Systémiques sont donc tout à fait au centre d’un processus créatif en ce qu’elles peuvent s’adresser à des systèmes humains très variés, de la famille à l’association de personnes, institutions, corporations, petits ou grands groupes.

Cette liberté , cette effervescence d’idées, cette foison d’expérimentations, ces associations à d’autres techniques, pour aussi intéressantes qu’elles puissent être nous obligent aussi à une responsabilité:

celle de rester conscients que telle ou telle pratique est peut-être encore du domaine de l’expérimentation et de la recherche. Et donc d’être très clairs avec nous mêmes et avec les autres quant à ce que nous proposons au cours de nos interventions…

Loin de moi l’idée de pouvoir cerner ces questions en quelques phrases: nous proposons aux praticiens, aux étudiants et adhérents de 18h à 18h30 ce soir l’occasion de partager leurs expériences et de réfléchir sur la déontologie de nos interventions.

Gérard Fossat

Président de la FFPCS

Fédération Française des Praticiens en Constellations Systémiques

Formateur en constellations familiales à l’Institut LiensPsy

site www.ffpcs.fr

www. lienspsy.com , mail : institut@lienspsy.com

Rupert SHELDRAKE

(Biologiste anglais qui a mené des recherches sur les champs morphiques, ces champs sont connus de la physique. Ce sont des régions d’influence s’étendant dans le temps et dans l’espace. Il a écrit un certain nombre d’ouvrages à ce sujet .  Il est professeur à Trinity College, Cambridge . Il vit à Londres avec sa femme et ses deux fils.)

Le texte suivant est extrait d’une conférence donnée par le Dr Rupert Sheldrake  à Vancouver.

L’esprit au delà du cerveau

Où  est situé  notre cerveau ? On nous a élevés dans la croyance qu’il se trouve dans notre tête,

que l’activité mentale n’est rien d’autre que l’activité du cerveau.  Quant à moi, je suggère que notre esprit  va bien au delà du cerveau, il s’étend dans des champs qui nous relient à notre environnement  et aussi les uns aux autres.

Ces champs prennent racine dans notre cerveau, tout comme les champs magnétiques qui se trouvent autour des aimants prennent racine dans les aimants eux-mêmes. Il en va de même pour les champs de transmission autour des téléphones portables qui prennent racine dans les téléphones et leurs activités internes. Tout comme les champs magnétiques se propagent autour des aimants, les champs électromagnétiques autour des portables, de la même manière les champs morphiques  s’étendent autour de notre cerveau.

Ces champs permettent d’expliquer la télépathie, l’impression d’être observé et un certain nombre d’autres capacités qui ne sont pas expliquées. Par dessous tout les champs morphiques sous-tendent la perception normale. Ils sont une partie essentielle de la vision.

Les images extérieures à notre tête

Regardez autour de vous maintenant. Est-ce que les images de ce que vous voyez sont à l’intérieur de votre cerveau ? Ou à l’extérieur juste où elles paraissent être.

Selon la théorie classique, c’est un processus qui va seulement dans un sens : la lumière va vers l’intérieur, mais rien n’est projeté à l’extérieur . Le mouvement vers l’intérieur de la lumière est assez connu. Quand vous regardez cette page, la lumière va de la page à l’œil.

Le cristallin va permettre la formation d’images inversées sur la rétine. Cette lumière arrivant sur la rétine provoque des changements dans les cellules, ce qui déclenche des changements dans les nerfs de la rétine. Les impulsions nerveuses voyagent le long du nerf optique pour aller dans le cerveau où se produit une activité chimique et électrique complexe. Tous ces processus ont été étudiés par des neurologistes et d’autres experts de l’activité cérébrale.

Mais à ce moment-là on constate quelque chose de mystérieux. On fait l’expérience consciente de ce que l’on voit, la page devant soi. On devient conscient des mots imprimés et de leur signification . Si on prend la théorie classique, il n’y a pas de raison pour que l’on soit conscient, les mécanismes du cerveau devraient aller aussi bien sans conscience.

Puis vient un autre problème, on ne fait pas l’expérience de son image comme étant à l’intérieur du cerveau où elle est censée être. Au contraire, on la voit à 30 centimètres de nous. La théorie classique n’a pas d’explication pour notre expérience la plus directe et la plus immédiate. Toute l’expérience est censée être dans notre cerveau, une sorte de réalité virtuelle à l’intérieur de la tête. Cela signifie que notre boîte  crânienne s’étend au delà de tout ce que l’on voit : si vous regardez le ciel, votre cerveau doit être au delà du ciel. Cela paraît être une idée stupide, mais cela paraît être vrai pour la théorie de l’esprit à l’intérieur du cerveau.

L’idée que je propose est si simple qu’elle est difficile à comprendre. Votre image de la page se trouve là où elle  paraît être, devant vos yeux, pas derrière les yeux. Elle n’est pas à l’intérieur du cerveau, mais à l’extérieur.

Cependant la vision implique à la fois un mouvement de la lumière vers l’intérieur et une projection extérieure des images. Grâce aux champs morphiques notre esprit  va atteindre ce que nous sommes en train d’observer. Si nous regardons une montagne située à 15 km, notre esprit s’étend jusqu’à cette distance. Si nous fixons les étoiles, notre esprit  va aussi là-bas, à des distances astronomiques.

L’impression d’être observé.

Parfois si je  me tiens derrière quelqu’un, la personne se retourne et me regarde. Et parfois je me retourne et je constate que quelqu’un est en train de m’observer. Toutes les études montrent que 90% des personnes ont eu cette sensation. L’impression d’être observé ne devrait pas se produire si tout se passait dans la tête. Nous sommes reliés à ce que nous regardons et notre observation peut affecter ce que nous regardons. Est-ce une illusion ou l’impression d’être observé existe-t-elle ?

Cette question peut être explorée au travers d’expérimentations simple et peu coûteuses.

Les personnes travaillent par deux. Une personne tourne le dos à une autre et a les yeux bandés.

L’autre personne en position d’observateur est assise derrière le sujet et par le biais d’essais randomisés regarde ou non la nuque du sujet. Chaque séquence est signalée par un bip. Le sujet ne sait pas s’il est observé ou non. Chaque essai dure 10 secondes et le sujet dit à haute voix s’il est observé ou non (renseignements sur son site www.sheldrake.org.) Plus de 100.000 essais ont été exécutés et les résultats sont très significatifs. L’impression d’être observé marche même si on travaille en circuit fermé. Les animaux sont aussi sensibles au fait d’être observés par des personnes et vice versa. La sensibilité au fait d’être observé semble très répandu dans le règne animal et a pu évoluer dans le contexte des relations chasseur/chassé ou prédateur/proie : un animal qui ressent le fait  qu’un prédateur l’observe aura une meilleure chance de survivre qu’un animal qui ne possède pas ces facultés.

Télépathie

L’éducation nous mène à croire que la télépathie n’existe pas. Comme tous les autres phénomènes dits surnaturels, on  la nie en disant que c’est une illusion.

La plupart des personnes qui épousent ces thèses, comme moi auparavant, ne le font pas sur la base d’une preuve solide,  mais parce qu’il y a un tabou contre le fait de prendre la télépathie au sérieux. Ce tabou  existe à cause du paradigme qui prévaut dans la science institutionnelle  et qui est la théorie de l’esprit à l’intérieur du cerveau, selon laquelle la télépathie et autres phénomènes paranormaux ne peuvent pas exister, car ils impliquent une mystérieuse action à distance.

Ce tabou remonte au siècle des Lumières au 18° siècle. Je ne veux pas refaire l’historique de ce tabou ici, mais plutôt parler des expériences récentes  qui suggèrent que non seulement elle existe, mais que c’est une partie normale de la communication animale.

Le sixième sens des animaux de compagnie

Je me suis intéressé à la télépathie il y a 15 ans et j’ai recherché des preuves chez les animaux de compagnie car ce sont eux que nous connaissons le mieux. J’ai trouvé rapidement des histoires de propriétaires de chiens, chats, perroquets, chevaux et autres animaux qui suggéraient que ces animaux lisaient dans les pensées de leurs maîtres.

J’ai pu construire une grande base de donnée à partir de 5000 histoires relatées par un large

public. Ces histoires se regroupent en plusieurs catégories. Par exemple, de nombreuses personnes possédant des chats disent que leur animal  sait quand il doit aller chez le vétérinaire, même quand elles n’ont pas sorti leur panier et qu’elles n’en ont pas manifesté la moindre intention.

Certaines personnes disent que leur chien sait quand on va aller le promener, même si elles se trouvent dans une pièce différente, hors de la vue du chien. Bien sûr personne ne trouve ce comportement surprenant si ces faits se produisent toujours à la même heure ou si le chien voit son maître se préparer.. Elles pensent que les animaux ont un sixième sens, car ils n’ont aucun indice précis dans les moments où l’étude est entreprise.

Une des études les plus courantes sur les chiens et les chats porte sur le fait qu’ils savent quand le maître rentre et parfois peuvent anticiper son arrivée d’une dizaine de minutes.

En Grande Bretagne et aux USA mes collègues et moi-même avons trouvé qu’environ 50 %  des propriétaires de chiens et 30 % des propriétaires de chats croient que leur animal anticipe l’arrivée d’un membre de la famille.

Dans des centaines d’enregistrements vidéo nous avons montré que les chiens réagissent aux intentions de retour à la maison de leur maître même s’ils sont éloignés de plusieurs kilomètres, même s’ils rentrent à des horaires différents de leurs habitudes, même s’ils rentrent dans des véhicules autres que ceux qu’ils ont à l’accoutumée comme par exemple des taxis. La télépathie semble la seule hypothèse valable.

La télépathie par téléphone

Au cours de mes recherches sur les pouvoirs inexpliqués des animaux, j’ai entendu parler de douzaines de chats et de chiens qui semblaient anticiper un coup de fil de leur maître. Par exemple quand le téléphone sonne chez un professeur de l’Université de Berkeley en Californie, l’épouse sait  si  c’est son mari qui appelle car Whiskins le chat se précipite au téléphone et  met sa patte sur le combiné. «  Très souvent il réussit à décrocher et émet des miaulements. » « Si quelqu’un d’autre téléphone, il n’y prête aucune attention. » Le chat répond de la même manière si le professeur est en voyage d’études en Afrique ou en Amérique du Sud.

Cela me conduisit à réfléchir et à réaliser que j’avais eu aussi ce genre d’expérience. J’avais pensé à des personnes et juste après elles m’avaient appelé. J’ai demandé à ma famille et à mes amis s’ils avaient déjà eu ce genre d’expérience et je me rendis compte que la majorité des personnes avaient déjà fait le même constat. Certains ont dit qu’ils savaient si c’était leur mère, leur conjoint ou tout autre personne proche qui téléphonait, car la sonnerie leur paraissait différente !

Grâce à des études très nombreuses, mes collègues et moi avons trouvé que la plupart des gens avaient eu des expériences similaires avec le téléphone. En fait ceci est la forme la plus courante de  télépathie dans notre monde moderne.

J’ai développé une expérience simple pour tester la télépathie par téléphone. Les participants reçoivent un appel téléphonique de la part d’ une personne sur quatre  à un moment préétabli et ils choisissent eux-mêmes la personne devant appeler, un ami ou des membres de la famille. Pour chaque test l’appelant est choisi au hasard en jetant un dé. Le participant doit dire qui appelle avant que l’appelant n’ait parlé . Si les personnes jouaient aux devinettes ils auraient une chance sur 4. Dans tous les essais que nous avons fait le taux est de 42 %  sur 800 essais, ce qui est un résultat très élevé.

Nous avons aussi fait des essais où deux appelants sur les quatre étaient des familiers et les deux autres des inconnus qu’ils n’avaient jamais rencontré. Avec les familiers le taux de réussite fut de 56 %, ce qui statistiquement est très élevé. On peut observer que la télépathie a lieu avec des personnes avec qui nous partageons des liens sociaux et émotionnels.

De plus nous avons trouvé que ces effets sont identiques à des distances très éloignées. Certains participants étaient en Australie ou en Nouvelle Zélande et ils pouvaient identifier  qui appelaient comme s’ils avaient été au coin de la rue.

L’élargissement de l’esprit.

Les études de laboratoire conduites par des parapsychologues ont fourni des preuves significatives pour la télépathie. Mais la plupart de la recherche en laboratoire a donné des résultats plutôt faibles, probablement parce que la plupart des  participants étaient étrangers les uns aux autres et la télépathie dépend des liens sociaux.

Les résultats des expériences par téléphone donnent des effets beaucoup plus importants car ils impliquent des personnes qui se connaissent bien. J’ai aussi trouvé qu’ils y avait des liens télépathiques exceptionnels entre les mères et les enfants au sein.

J’émets l’hypothèse que ces liens sont des aspects des champs qui relient entre eux les membres de groupes sociaux ( que j’appelle champs morphiques)  et qui agissent comme canal pour le transfert d’information entre les membres séparés des groupes. Télépathie signifie « sentir à distance » et implique la communication des besoins, intentions et détresses. Parfois les réactions télépathiques sont ressenties  sous la forme de sensations, parfois de visions ou  de voix, et parfois de rêves.

Il y aune analogie avec la physique quantique : si deux particules ont fait partie du même système quantique et sont séparées dans l’espace, elles ont une mystérieuse connexion. Quand Einstein a réalisé cette implication de la théorie quantique, il a pensé que la théorie était fausse parce qu’elle impliquait ce qu’il appelait une action « bizarre »  à distance.

Des expérimentations ont été menées et ont montré que la théorie quantique est juste et que  Einstein a tort.Un changement dans une partie d’un système peut affecter une autre de manière simultanée même si les parties sont séparées. Ce  phénomène est connu comme la non-séparabilité quantique.

La télépathie, tout comme l’impression d’être observé, est considérée comme paranormale si nous définissons comme normale la théorie selon laquelle l’esprit se résume au cerveau. Mais si notre esprit va au delà de notre cerveau et se connecte à d’autres cerveaux, alors des phénomènes comme la télépathie et l’impression d’être observé paraissent normaux. Ils font partie de notre nature biologique.

Bien sûr, je ne dis pas que notre cerveau ne participe pas à notre compréhension de l’esprit.

De récentes avancées sur la recherche au niveau du cerveau ont beaucoup à nous apprendre. Notre esprit trouve son centre dans notre corps et dans notre cerveau en particulier mais il va au delà.. Cette extension se trouve dans des champs de l’esprit ou champs morphogénétiques qui existent à la fois dans et au delà du cerveau.

L’idée d’un esprit qui  peut prendre de l’expansion correspond mieux à notre expérience que la théorie de l’esprit dans le cerveau. Nous ne sommes plus limités à l’étroitesse de notre boîte crânienne. Nous ne sommes plus coupés de notre corps, de notre environnement et des autres personnes qui nous entourent. Nous sommes reliés les uns aux autres.

traduit par Michèle DUHAMEL
MINDS BEYOND BRAINS:
RECENT EXPERIMENTAL EVIDENCE
By Rupert Sheldrake, Ph.D.

The following synopsis is of the talk given by Rupert Sheldrake at the
recent Just For The health Of It Prophets Conference in Vancouver
http://www.greatmystery.org.

Where are our minds located? We have been brought up to believe that they are inside our heads, that mental activity is nothing but brain activity.
Instead, I suggest that our minds extend far beyond our brains; they stretch out through fields that link us to our environment and to each other.

Mental fields are rooted in brains, just as magnetic fields around magnets
are rooted in the magnets themselves, or just as the fields of
transmission around mobile phones are rooted in the phones and their
internal electrical activities. As magnetic fields extend around magnets,
and electromagnetic fields around mobile phones, so mental fields extend
around brains.

Mental fields help to explain telepathy, the sense of being stared at and
other widespread but unexplained abilities. Above all, mental fields
underlie normal perception. They are an essential part of vision.

IMAGES OUTSIDE OUR HEADS

Look around you now. Are the images of what you see inside your brain? Or
are they outside you – just where they seem to be?

According to the conventional theory, there is a one-way process: light
moves in, but nothing is projected out. The inward movement of light is
familiar enough. As you look at this page, reflected light moves from the
page through the electromagnetic field into your eyes. The lenses of your
eyes focus the light to form upside-down images on your retinas. This
light falling on your retinal rod and cone cells causes electrical changes
within them, which trigger off patterned changes in the nerves of the
retina. Nerve impulses move up your optic nerves and into the brain,
where they give rise to complex patterns of electrical and chemical
activity. So far, so good. All these processes can be, and have been,
studied in great detail by neurophysiologists and other experts on vision
and brain activity.

But then something very mysterious happens. You consciously experience
what you are seeing, the page in front of you. You also become conscious
of the printed words and their meanings. From the point of view of the
standard theory, there is no reason why you should be conscious at all.
Brain mechanisms ought to go on just as well without consciousness.

Then comes a further problem. When you see this page, you do not
experience your image of it as being inside your brain, where it is
supposed to be. Instead, you experience its image as being located about
two feet in front of you. The image is outside your body.

For all its physiological sophistication, the standard theory has no
explanation for your most immediate and direct experience. All your
experience is supposed to be inside your brain, a kind of virtual reality
show inside your head. That means your skull must lie beyond everything
you are seeing: if you look at the sky, your skull must be beyond the sky!
This seems an absurd idea, but it seems to be a necessary implication of
the mind-in-brain theory.

The idea I am proposing is so simple that it is hard to grasp. Your image
of this page is just where it seems to be, in front of your eyes, not
behind your eyes. It is not inside your brain, but outside your brain.

Thus vision involves both an inward movement of light, and an outward
projection of images. Through mental fields our minds reach out to touch
what we are looking at. If we look at a mountain ten miles away, our
minds stretch out ten miles. If we gaze at distant stars our minds reach
out into the heavens, over literally astronomical distances

THE SENSE OF BEING STARED AT

Sometimes when I look at someone from behind, he or she turns and looks
straight at me. And sometimes I suddenly turn around and find someone
staring at me. Surveys show that more than 90% of people have had
experiences such as these. The sense of being stared at should not occur
if attention is all inside the head. But if it stretches out and links us
to what we are looking at, then our looking could affect what we look at.
Is it just an illusion, or does the sense of being stared at really exist?

This question can be explored through simple, inexpensive experiments.
People work in pairs. One person, the subject, sits with his or her back
to the other, wearing a blind-fold. The other person, the looker, sits
behind the subject, and in a random series of trials either looks at the
subject’s neck, or looks away and think of something else. The beginning
of each trial is signalled by a mechanical clicker or bleeper. Each trial
lasts about ten seconds and the subject guesses out loud « looking » or « not
looking ». Detailed instructions are given on my website,
http://www.sheldrake.org. More than 100,000 trials have now been carried
out, and the results are overwhelmingly positive and hugely significant
statistically, with odds against chance of quadrillions to one. The sense
of being stared at even works when people are looked at through
closed-circuit TV. Animals are also sensitive to being looked at by
people, and people by animals. This sensitivity to looks seems widespread
in the animal kingdom and may well have evolved in the context of
predator-prey relationships: an animal that sensed when an unseen predator
was staring would stand a better chance of surviving than an animal
without this sense.

TELEPATHY

Educated people have been brought up to believe that telepathy does not
exist. Like other so-called psychic phenomena, it is dismissed as an
illusion.

Most people who espouse these opinions, which I used to myself, do not do
so on the basis of a close examination of the evidence. They do so
because there is a taboo against taking telepathy seriously. This taboo
is related to the prevailing paradigm or model of reality within
institutional science, namely the mind-inside-the-brain theory, according
to which telepathy and other psychic phenomena, which seem to imply
mysterious kinds of ‘action at a distance’, cannot possibly exist.

This taboo dates back at least as far as the Enlightenment at the end of
the eighteenth century. But this is not the place to examine its history
(which I discuss in The Sense of Being Stared At). Rather I want to
summarize some recent experiments, which suggest that telepathy not only
exists, but that it is a normal part of animal communication.

PSYCHIC PETS

I first became interested in the subject of telepathy some fifteen years
ago, and started looking at evidence for telepathy in the animals we know
best, namely pets. I soon came across numerous stories from owners of
dogs, cats, parrots, horses and other animals that suggested that these
animals seemed able to read their minds and intentions.

Through public appeals I have built up a large database of such stories,
currently containing more than 5,000 case histories. These stories fall
into several categories. For example, many cat owners say that their
animals seem to sense when they are planning to take them to the vet, even
before they have taken out the carrying basket or given any apparent clue
as to their intention. Some people say their dogs know when they are going
to be taken for a walk, even when they are in a different room, out of
sight or hearing, and when the person is merely thinking about taking
them for a walk. Of course, no one finds this behaviour surprising if it
happens at a routine time, or if the dogs see the person getting ready to
go out, or hear the word « walk ». They think it is telepathic because it
seems to happen in the absence of such clues.

One of the commonest and most testable claims about dogs and cats is that
they know when their owners are coming home, in some cases anticipating
their arrival by ten minutes or more. In random household surveys in
Britain and America, my colleagues and I have found that approximately 50%
of dog owners and 30% of cat owners believe that their animals anticipate
the arrival of a member of the household. Through hundreds of videotaped
experiments, my colleagues and I have shown that dogs react to their
owners’ intentions to come home even when they are many miles away, even
when they return at randomly-chosen times, and even when they travel in
unfamiliar vehicles such as taxis. Telepathy seems the only hypothesis
that can account for the facts. (For more details, see my book « Dogs that
Know When their Owners Are Coming Home, And Other Unexplained Powers of
Animals ».)

TELEPHONE TELEPATHY

In the course of my research on unexplained powers of animals, I heard of
dozens of dogs and cats that seemed to anticipate telephone calls from
their owners. For example, when the telephone rings in the household of a
noted professor at the University of California at Berkeley, his wife
knows when her husband is on the other end of the line because Whiskins,
their silver tabby cat, rushes to the telephone and paws at the receiver.
« Many times he succeeds in taking it off the hook and makes appreciative
miaws that are clearly audible to my husband at the other
end », she says. « If someone else telephones, Whiskins takes no notice. »
The cat responds even when he telephones home from field trips in Africa
or South America.

This led me to reflect that I myself had had this kind of experience, in
that I had thought of people for no apparent reason who, shortly
thereafter, called. I asked my family and friends if they had ever had
this experience, and I soon found the majority were very familiar with it.
Some said they knew when their mother or boyfriend or other significant
person was calling because the phone sounded different!

Through extensive surveys, my colleagues and I have found that the most
people have had seemingly telepathic experiences with telephone calls.
Indeed this is the commonest kind of apparent telepathy in the modern
world.

Is this all a matter of coincidence, and selective memory, whereby people
only remember when someone they were thinking about rang, and forget all
the times they were wrong? Most sceptics assume that this is the case, but
until recently there had never been any scientific research on the subject
at all.

I have developed a simple experiment to test for telephone telepathy.
Participants receive a call from one of four different callers at a
prearranged time, and they themselves choose the callers, usually close
friends or family members. For each test, the caller is picked at random
by the experimenter by throwing a die. The participant has to say who the
caller is before the caller says anything. If people were just guessing,
they would be right about one time in four, or 25% of the time.

We have so far conducted more than 800 such trials, and the average
success rate is 42%, very significantly above the chance level of 25%,
with astronomical odds against chance (1026 to 1).

We have also carried out a series of trials in which two of the four
callers were familiar, while the other two were strangers, whose names the
participants knew, but whom they had not met. With familiar callers, the
success rate was 56 %, highly significant statistically. With strangers it
was at the chance level, in agreement with the observation
that telepathy typically takes place between people who share emotional or
social bonds.

In addition, we have found that these effects do not fall off with
distance. Some of our participants were from Australia or New Zealand, and
they could identify who was calling just as well as with people down under
as with people only a few miles away.

EXTENDED MINDS

Laboratory studies by parapsychologists have already provided significant
statistical evidence for telepathy (well reviewed by Dean Radin in his
book The Conscious Universe, Harper, San Francisco, 1997). But most
laboratory research has given rather weak effects, probably because most
participants and « senders » were strangers to each other, and telepathy
normally depends on social bonds.

The results of telephone telepathy experiments give much stronger and more
repeatable effects because they involve people who know each other well. I
have also found that there are striking telepathic links between nursing
mothers and their babies. Likewise, the telepathic reactions of pets to
their owners depend on strong social bonds.

I suggest that these bonds are aspects of the fields that link together
members of social groups (which I call morphic fields) and which act as
channels for the transfer of information between separated members of the
group.

Telepathy literally means « distant feeling », and typically involves the
communication of needs, intentions and distress. Sometimes the telepathic
reactions are experienced as feelings, sometimes as visions or the hearing
of voices, and sometimes in dreams. Many people and pets have reacted
when people they are bonded to have had an accident, or are dying, even if
this is happening many miles away.

There is an analogy for this process in quantum physics: if two particles
have been part of the same quantum system and are separated in space, they
retain a mysterious connectedness. When Einstein first realized this
implication of quantum theory, he thought quantum theory must be wrong
because it implied what he called a « spooky action at a distance ».
Experiments have shown that quantum theory is right and Einstein wrong. A
change in one separated part of a system can affect another
instantaneously. This phenomenon is known as quantum non-locality or
non-separability.

Telepathy, like the sense of being stared at, is only paranormal if we
define as « normal » the theory that the mind is confined to the brain. But
if our minds reach out beyond our brains, just as they seem to, and
connect with other minds, just as they seem to, then phenomena like
telepathy and the sense of being stared at seem normal. They are not
spooky and weird, on the margins of abnormal human psychology, but are
part of our biological nature.

Of course, I am not saying that the brain is irrelevant to our
understanding of the mind. It is very relevant, and recent advances in
brain research have much to tell us. Our minds are centred in our bodies,
and in our brains in particular. However, that they are not confined to
our brains, but extend beyond them. This extension occurs
through the fields of the mind, or mental fields, which exist both within
and beyond our brains.

The idea of the extended mind makes better sense of our experience than
the mind-in-brain theory. Above all, it liberates us. We are no longer
imprisoned within the narrow compass of our skulls, our minds separated
and isolated from each other. We are no longer alienated from our bodies,
from our environment and from other people. We are interconnected.

©Rupert Sheldrake 2006

DR RUPERT SHELDRAKE is a biologist and author of THE SENSE OF BEING STARED
AT, AND OTHER ASPECTS OF THE EXTENDED MIND. He is a Fellow of the
Institute of Noetic Sciences, near San Francisco, and Director of the
Perrott-Warrick Research Project, funded by Trinity College, Cambridge. He
lives in London with his wife, Jill Purce, and their two sons. His web
site is http://www.sheldrake.org

Recherches sur le phénomène de la perception représentative lors des constellations, par Peter Schlötter

Dans son étude, Peter Schlötter aborde dans une démarche scientifique le phénomène de la perception représentative.

Comme nous l’avons dit précédemment, les études de cas et diverses analyses en disent beaucoup sur l’efficacité des constellations systémiques, mais très peu sur le processus en lui-même. Peter Schlötter s’est intéressé dans ses travaux à la question de savoir s’il pouvait être donné une preuve scientifique au postulat suivant : « divers figurants se trouvant dans une même situation expriment la même chose et leurs réponses ne sont pas dues au hasard ou induites par leur propre vécu ».

En 2005 Peter Schlötter a écrit une thèse qui se donne pour objet de répondre de façon empirique à l’affirmation « ce que vivent les figurants est un produit du hasard ». Cette thèse a été soumise à un test dans le cadre d’une étude expérimentale. Les recherches démontrent de façon très significative que différents individus, appartenant à une même culture, en l’occurrence la culture occidentale, placés dans une situation identique, parviendront à une même appréhension et une même interprétation de l’organisation spatiale d’un groupe de personnes et à leurs positions respectives.

Nous allons présenter cette étude de façon plus détaillée, car elle nous paraît répondre à des questions absolument essentielles concernant la méthode des constellations, et être d’une importance capitale quant à son avenir et à la compétence que nous devons exiger de ceux qui l’appliquent et l’appliqueront. Dans l’étude dont il est question, il a été apporté pour la première fois « la démonstration empirique que nous avions tous une tendance à attribuer un sens identique à la disposition des personnes dans l’espace d’une constellation systémique (ou des symboles dans une constellation avec des figurines). Nous pouvons ainsi aujourd’hui nous autoriser à considérer les constellations systémiques comme une sorte de « langage » ou de « système de signes ». Un nouveau champ de recherche s’ouvre à nous et nous disposons maintenant d’une assise empirique suffisamment large pour pouvoir soumettre ce champ, du moins en partie, à la « rigueur » d’une approche scientifique »[1].

Peter Schlötter a procédé pour mener son étude de la manière suivante : il a filmé des séquences de constellations faites avec des clients en situation de demande réelle, et les a en quelque sorte « gelées » en mesurant et en transcrivant très exactement les positions des protagonistes. Puis il a fabriqué pour ses expérimentations des poupées grandeur nature, des représentants muets en quelque sorte, qu’il a pu replacer dans les mêmes positions que les représentants lors de la constellation originale. En utilisant ces poupées, il pouvait reproduire à l’identique, n’importe où et à souhait, l’image d’une constellation réelle.

Peter Schlötter a mené au total trois études : une étude préalable (constellation familiale avec quatre protagonistes) et deux études principales, basées sur deux constellations d’organisations différentes faisant intervenir dans chaque cas sept figurants.

Pour le déroulement de ces trois expériences, il avait proposé à environ 250 personnes, qui avaient accepté le rôle de « cobaye », ou de « figurants », de prendre la place des poupées dans la « constellation » et de faire part de leurs impressions. L’expérience se déroulait en plusieurs étapes et les participants choisissaient parmi une série de phrases types et des affichettes (sur lesquelles étaient imprimés des traits de caractère, des attitudes, des pensées, …) celles qui traduisaient le mieux ce qu’ils ressentaient dans la position de la personne qu’ils représentaient. Au total 3848 tests ont ainsi été effectués et exploités au cours de cette étude.

L’objectif de Schlötter par ce protocole de test fort original et créatif, était de fournir les conditions pour une analyse aussi « objective » que possible, permettant d’étudier les perceptions des participants et notamment d’analyser l’impact de la disposition des protagonistes sur chacun d’entre eux, en évitant autant que possible tout facteur étranger. Excepté l’organisation spatiale de la constellation, tout élément pouvant avoir une influence devait être exclu.

Résultats :

Les résultats de cette étude sont d’une précision rarement atteinte dans les domaines de la psychologie ou de la sociologie !

La concordance des réponses au questionnaire, du choix des phrases types et des affichettes, de même que celle des témoignages quant aux impressions ressenties, est bien supérieure au niveau que Schlötter s’était donné pour objectif d’atteindre, et qui était déjà exceptionnellement haut.

Schlötter rapporte à ce propos un cas impressionnant. Lors de la deuxième étude principale, un lycéen de quinze ans prend la place d’un chef de service et décrit sa situation, sa fonction et l’état d’esprit dans lequel il se trouve, alors qu’il ne dispose d’aucun de point de repère, encore moins d’une quelconque expérience dans le domaine de la direction d’une entreprise. Les réponses ne peuvent donc pas avoir été dictées par des associations avec quelque chose de connu. Le seul trait d’union entre le véritable chef de service, le cas concret qui avait été traité lors de la constellation d’organisation « réelle » et ce test effectué plusieurs mois après avec des personnes tout à fait étrangères à l’entreprise, est la reproduction à l’identique de la constellation et du positionnement fidèle des représentants les uns par rapport aux autres.

L’auteur en tire la conclusion qu’il doit exister une sorte de « langage des positions » que nous avons dû sans doute apprendre à interpréter, intuitivement, depuis tout petits.

Peter Schlötter a donc fourni statistiquement la démonstration de son hypothèse de recherche, à savoir que les individus, dans un environnement culturel donné, ressentent et interprètent d’une même façon « supra-individuelle » cette sorte de langage qu’est le positionnement des individus les uns par rapport aux autres dans un espace. Il écrit pour résumer : Nous pouvons « considérer l’hypothèse négative de départ comme statistiquement démentie ».(…) Dans les deux types d’études et pour tous les emplacements analysés, les tests ont donné sans exception des résultats « très probants » avec des marges d’erreur inférieures à 0,1 %. La perception représentative dans les constellations systémiques serait dans une très large mesure indépendante des personnes qui s’y prêtent. Ou bien, si l’on veut, la perception représentative est un phénomène dont la variabilité par rapport à l’individualité des représentants est un peu supérieure à 0, ce qui reste tout de même très faible. Chaque personne serait donc potentiellement apte à représenter n’importe quel autre individu ou n’importe quelle notion dans une constellation systémique. »[2]

Pour ce qui concerne la solution et le rapport qu’elle pourrait avoir avec la personnalité ou la structure psychosociale du représentant, Schlötter est parvenu à la conclusion que « la transposition d’un système social réel au niveau d’une constellation systémique, de même qu’à l’inverse la transposition d’une solution dans le contexte de la vie réelle, ne se produisent pas par hasard, mais restent dans une très large mesure indépendantes de la personne qui agit en tant qu’interprète[3] ».[4]

Schlötter nous démontre de façon très impressionnante dans cette étude que, quel que soit le message que transmet une constellation familiale, les représentants le vivront et l’exprimeront tous de la même façon. « Le contenu de ce qui est dit n’est certainement pas aléatoire, et (dans la plupart des cas) la personne concernée non seulement approuvera a posteriori ce qui a été exprimé, mais l’identifiera comme important voire déterminant pour sa capacité d’action future et le considèrera comme un enrichissement dont elle envisagerait difficilement de devoir se passer. »[5]

Perspectives

Nous estimons que de telles études et recherches, effectuées avec toutes les garanties, tant de respect pour le client que de rigueur, sont importantes et nécessaires. D’autres études sont menées actuellement sur la qualité et l’efficacité du travail de constellation. Cette évolution est pour nous très satisfaisante, car soumettre le travail de constellation systémique à des tests de qualité, de compétence et d’efficacité ne peut que favoriser et garantir une évolution positive de la méthode.

Ajouté au succès mondial dont elle jouit, l’intérêt suscité dans les milieux scientifiques et les résultats étonnants que nous avons pu d’ores et déjà constater justifient la place que cette méthode fascinante et puissante est en train de prendre dans le paysage psychothérapeutique. Nous pensons que les phénomènes encore inexpliqués de la perception représentative constitueront pour l’avenir une matière fort intéressante à explorer et qu’ils seront désormais utilisés de plus en plus naturellement.

Nous formons le vœu que cet outil, aussi beau qu’efficace, continuera à être employé avec compétence, responsabilité, ouverture et joie d’expérimenter. Nous souhaitons que le flux dans lequel il n’a cessé de se développer jusqu’à aujourd’hui, le porte encore, l’enrichisse et le garde vivant.

Bibliographie

SCHLÖTTER, P. (2005): Vertraute Sprache und ihre Entdeckung. Systemaufstellungen sind kein Zufallsprodukt – der empirische Nachweis. Heidelberg: Carl Auer Systeme.

[1] Schlötter 2005, S. 203. [2] Schlötter, 2005, p. 175. [3] Soit le représentant. Ndt [4] Schlötter, p. 195. [5] idem, p. 199 Extrait du livre « Constellations systémiques  » C. Potshka-Lang,